Suite à notre demande de position officielle concernant l’application de l’Art. 253.36 LFM (lettre du 21 mars), Les Amis ont reçu la déclaration suivante de la part de trois conseillers municipaux élus sous la bannière d’Ensemble Mont-Tremblant :
« Madame, monsieur,
À la suite de votre demande de position officielle, nous souhaitons clarifier notre vision commune des enjeux fiscaux actuels. En tant que conseillers des districts 3, 6 et 8, notre priorité est de maintenir une gestion budgétaire responsable tout en respectant le principe fondamental de l’équité fiscale.
Voici les faits essentiels pour comprendre notre position :
Le principe de la richesse foncière et la réalité fiscale : Au Québec, le système de taxation municipale repose sur la valeur marchande des propriétés. Tout comme l’impôt sur le revenu est progressif — celui qui gagne davantage contribue davantage — la taxe foncière suit la valeur de l’actif. Il est toutefois crucial de noter que les règles fiscales foncières sont beaucoup moins permissives que celles de l’impôt sur le revenu : le cadre légal municipal nous impose une structure rigide où la valeur réelle demeure la seule base juste. Avec une hausse moyenne du rôle d’évaluation de 38,7 %, il est normal et équitable que les propriétés dont la valeur a crû de façon exceptionnelle contribuent à la hauteur de cette nouvelle richesse foncière.
L’effort déjà consenti par la Ville : Il est faux de laisser entendre que la Ville ne réagit pas. Pour compenser ce bond de 38,7 % de la valeur immobilière, le conseil a réduit massivement le taux de taxation. C’est cet ajustement qui permet de maintenir la hausse moyenne des taxes entre 2,3 % et 3,2 %, soit bien en dessous de l’inflation immobilière.
L’iniquité de l’étalement (Art. 253.36) : L’application de l’article 253.36 créerait une distorsion fiscale injuste. En plafonnant artificiellement la hausse pour ceux dont la propriété a pris énormément de valeur, nous déplacerions le fardeau vers les citoyens dont la propriété a peu augmenté. Pourquoi un citoyen dont la valeur stagne devrait-il subventionner la richesse immobilière de son voisin ?
Notre engagement pour un travail de fond : Tel que cela a été exprimé lors de la séance du conseil de février dernier, nous nous engageons à ce qu’un travail de fond rigoureux soit mené tout au long de l’année 2026 sur la structure budgétaire de la Ville. L’objectif est d’arriver avec des solutions concrètes et pérennes pour le budget 2027, plutôt que d’adopter des mesures réactives qui pourraient fragiliser nos finances publiques.
Notre position :
Nous sommes défavorables à l’application de l’Art. 253.36 LFM pour 2026, car elle contrevient au principe d’équité entre les contribuables. Notre solution concrète est celle que nous appliquons déjà : la baisse du taux de taxation, jumelée à l’exercice de révision budgétaire approfondi que nous entamons cette année pour assurer la viabilité de notre ville à long terme.
Nous continuerons de défendre une gestion transparente et juste pour les citoyens de nos districts respectifs et ceux de l’ensemble de la Ville de Mont-Tremblant.
Veuillez agréer, Monsieur, Madame, l’expression de nos sentiments distingués. »
Élise Léonard – conseillère district 3
Mathieu Paquette – conseiller district 6
Patrick Léonard – conseiller district 8
